Prolifération des goélands aux Sables d’Olonne.

TOUT CE QUE VOUS AVEZ VOULU SAVOIR SUR LES GOÉLANDS SANS JAMAIS OSER LE DEMANDER

Le nombre trop élevé de goélands créé des nuisances pour la population : cris stridents, salissures ou encore dégradations des toitures. Pour y faire face, la Ville a recours – depuis 1994 -, à la méthode de stérilisation des œufs de goélands pendant la période de reproduction.

Une nouvelle campagne de stérilisation des œufs de goélands débutera prochainement. Mais comme  toutes les autres, elle trouve ses limites, aussi, la Ville a-t-elle décidé de passer à la vitesse supérieure et envisage la solution létale. Non sans une concertation préalable. Première étape, celle avec les conseillers de secteur le vendredi 4 mars en salle du conseil municipal. Puissance invitante, Dominique Tenaud, l’Adjoint à la Vie des quartiers en charge de la démocratie de proximité et Goeffroy de Baynast, adjoint à l’Urbanisme et trois responsables de service de la mairie. Participants les conseillers des quatre secteurs : Centre, Gare, La Chaume et Bouts de Ville

Au programme de l’après-midi la problématique autour des goélands : comment en limiter le nombre de façon significative ?

Un tour de table qui ne laisse guère de doute

D’entrée de jeu les adjoints donnent la parole aux conseillers de secteur, habitants tirés au sort dans la population.

Chacun y va de son constat : « Suis confronté au bruit des goélands qui parfois m’empêche de travailler » dit l’un, tandis que l’autre observe que ses « voisins font fonctionner une bande sonore toute la journée. Le bruit de cette bande est gênant » et un troisième observe que parmi ses relations « des gens ont des difficultés à dormir ».

Un autre constate que « La surpopulation des goélands a engendré un déséquilibre dans la faune : on ne voit plus de mouettes, d’aigrettes, de cormorans ».

Une conseillère déplore que son « voisin a essayé de tuer des goélands au fusil et a failli la tuer ». Et une de ses collègues observe que le « problème est accentué par les estivants qui laissent leur ordures sans les mettre dans les containers » tandis que tous leur reprochent « les salissures et les bruits incessants ».

Quelles pistes pour l’avenir s’interrogent les conseillers de secteur : la fauconnerie, les effarouchements tels ceux des aéroports, l’accentuation de la stérilisation des nids, le létal ?

Avant d’en venir aux solutions l’adjoint de Baynast rappelle quelques points de l’histoire entre les goélands et les Sablais.

Premières nidifications aux Sables en 1987

Goeland sur un nid

La ville des Sables d’Olonne a connu ses premières nidifications en 1987 mais la première ville de Vendée touchée par le phénomène a été Saint-Hilaire de Riez.

Un groupe de travail et de réflexion informelle a alors été mis en place. Objectif : tenter de solutionner le problème et une « opération de destruction » a été envisagée en 1991, alors qu’à l’époque il n’y avait que quelques dizaines de couples nichant dans le quartier du Passage essentiellement.

L’Adjoint Orjubin a alors concerté avec un certain nombre d’associations locales dont l’APNO et l’ADEV ainsi que la SPA. Il n’y a pas eu de véritable débat, la population, ayant été dans l’ensemble plutôt favorable à cette opération. Après une information du public et une large consultation, la date prévue pour « opérer » avait été fixée au 27 mai 1991.

Le problème ? Quatre jours auparavant, Brigitte Bardot est intervenue sur Europe 1 et a accusé le Maire des Sables de détruire des animaux. Sensible aux propos de l’ancienne actrice, Louis Guédon a alors annulé l’opération la veille de sa réalisation.

Une reproduction intensive

 

Et depuis lors, le problème n’a pas été réglé. Et les goélands se sont installés ! Ce volatile se reproduit au bout de quatre à cinq ans et peut avoir des œufs pendant une vingtaine d’année. Et un goéland qui n’a pas de petits vit en général plus vieux !

Le bébé goéland ne revient pas au même endroit de son nid de naissance, ce qui évidemment conduit à la dispersion de l’espèce qui prend de plus en plus de place.

On estime qu’une femelle goéland produit au cours de sa vie 47 œufs viables. A l’arrivée on comprend mieux pourquoi et comment le goéland prolifère.

Quelle solution ?

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Différentes méthodes existent afin de lutter contre la prolifération des goélands. Il s’agit tout d’abord de l’effarouchement acoustique : « Cela ne marche pas, il y a une accoutumance rapide car les goélands sont placés assez haut dans l’intelligence aviaire » assure un spécialiste de ces questions.

Autre piste, l’utilisation de rapaces. Pour les experts, elle est « folklorique et ne présente pas d’intérêt pour une action sur le moyen et le long terme, les goélands n’étant que très peu perturbés par la présence de rapaces qui au demeurant n’ont pas la capacité opérationnelle pour venir à bout de la colonie sablaise ». Troisième piste, la stérilisation des œufs. Pour ces mêmes experts, elle « présente un petit impact puisque les œufs stérilisés ne produisent pas de petits, mais en revanche ont des effets démographiques très, très limités dans la mesure où ça ne fait pas disparaître les goélands en place et on l’a vu la stérilisation n’est pas efficace à 100% ». Dès lors « seules des méthodes dites létales sont efficaces et peuvent présenter un intérêt ». 

D’un point de vue juridique, les goélands sont protégés par l’article L 4112 du Code de l’Environnement, mais pour autant cette protection n’est pas exempte d’exceptions et si on demande une autorisation pour détruire des oiseaux, des nids et des œufs, elle sera probablement acceptée. C’est ainsi que l’État autorise la destruction en France de 45.000 cormorans par an, alors qu’il s’agit d’une espèce protégée.

Après un tour de table, les conseillers de secteurs ont marqué leur accord avec cette solution, étant bien entendu qu’il s’agit d’une régulation du nombre et que nous aurons toujours  » nos goélands « .

Les élus sablais vont – dans une deuxième étape -, prendre l’attache des associations concernées. D’autres phases de concertation suivront, logiquement. En effet, en matière de démocratie participative, il convient de donner du temps au temps, d’expliquer, d’échanger, de rassurer. Logiquement, ultime étape, ce sont les élus qui prendront  la décision.

Réunion de concertation - Prolifération des Goelands - Démocratie de proximité - Les Sables d'Olonne